




{"id":417,"date":"2014-09-21T07:45:00","date_gmt":"2014-09-21T06:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/?p=417"},"modified":"2016-06-12T11:24:36","modified_gmt":"2016-06-12T10:24:36","slug":"la-formation-des-dents-alteree-par-le-bisphenol-a","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/?p=417","title":{"rendered":"La formation des dents alt\u00e9r\u00e9e par le Bisph\u00e9nol A"},"content":{"rendered":"<div id=\"fb-root\"><\/div>\n<p>Une \u00e9tude publi\u00e9e dans la revue American Journal of Pathology (Juin 2013) montre que la formation des dents peut \u00eatre affect\u00e9e par une exposition \u00e0 de faibles doses de bisph\u00e9nol A (BPA) \u2013 une mol\u00e9cule omnipr\u00e9sente utilis\u00e9e dans les plastiques et les r\u00e9sines des bo\u00eetes de conserve, qui impr\u00e8gne 95 % de la population. Surtout, ils sugg\u00e8rent qu\u2019une maladie \u00e9mergente \u2013 l\u2019hypomin\u00e9ralisation des molaires et des incisives (MIH) \u2013 pourrait \u00eatre due \u00e0 une exposition au BPA dans la p\u00e9riode p\u00e9rinatale. Ce trouble nouveau n\u2019avait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent jamais \u00e9t\u00e9 fermement attribu\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Le MIH est une pathologie r\u00e9cemment d\u00e9crite, caract\u00e9ris\u00e9e par des taches blanch\u00e2tres ou jaunes sur les premi\u00e8res molaires ou les incisives permanentes, explique Sylvie Babajko (Inserm), qui a dirig\u00e9 ces travaux. Les \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques men\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent donnent une grande amplitude de pr\u00e9valence, entre 2,5 % et 40 %, selon les r\u00e9gions du monde et\/ou les crit\u00e8res de diagnostic, mais on peut consid\u00e9rer qu\u2019en moyenne, cette pathologie concerne environ 16 % \u00e0 18 % des enfants. \u00bb Ce d\u00e9faut de min\u00e9ralisation est b\u00e9nin, mais il peut rendre les dents plus fragiles, en particulier plus susceptibles \u00e0 la carie. Lorsqu\u2019il touche les incisives, il peut \u00eatre assez disgracieux.<\/p>\n<p><strong>R\u00c9SULTATS SANS AMBIGU\u00cfT\u00c9<\/strong><\/p>\n<p>Pour les auteurs, le MIH pourrait ainsi \u00eatre le signe visible d\u2019une exposition au BPA \u2013 ou \u00e0 des mol\u00e9cules pr\u00e9sentant un mode d\u2019action similaire \u2013 pendant les p\u00e9riodes-cl\u00e9s du d\u00e9veloppement. Or un grand nombre de travaux men\u00e9s sur l\u2019animal ou d\u2019\u00e9tudes de cohortes humaines montre que l\u2019exposition au BPA in utero ou aux plus jeunes \u00e2ges de la vie est associ\u00e9e \u00e0 des probabilit\u00e9s accrues de d\u00e9velopper certaines pathologies, plus tard dans la vie : ob\u00e9sit\u00e9 et diab\u00e8te de type 2, cancers hormono-d\u00e9pendants (sein, prostate), troubles de la reproduction, troubles neuro-comportementaux, etc. Ces recherches pourraient donc permettre un suivi plus attentif de certains enfants atteints de MIH.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s par les auteurs sont sans ambigu\u00eft\u00e9. Deux groupes de seize rats m\u00e2les ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s. Le groupe t\u00e9moin n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mis en contact avec du BPA. Le second groupe est issu de femelles ayant \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es par voie orale, d\u00e8s la conception, \u00e0 une dose quotidienne de 5 microgrammes par jour et par kilo de poids (5 \u00b5g\/j\/kg) de BPA, soit un niveau d\u2019exposition dix fois plus faible que la limite th\u00e9oriquement acceptable, calcul\u00e9e par l\u2019Autorit\u00e9 europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 des aliments (EFSA). Ensuite, apr\u00e8s leur naissance, d\u00e8s leur sevrage, les rats ont \u00e9t\u00e9 eux-m\u00eames soumis \u00e0 ce r\u00e9gime.<\/p>\n<p>\u00ab Un tel protocole mime au plus pr\u00e8s la situation rencontr\u00e9e dans la population humaine, puisque l\u2019exposition au BPA est quasi permanente \u00bb, dit Mme Babajko. R\u00e9sultat : les trois quarts des rats expos\u00e9s pr\u00e9sentent des taches opaques sur les incisives, analogues au fameux MIH, remarqu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es chez les enfants. A l\u2019inverse, aucun rat t\u00e9moin n\u2019a d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019anomalie.<\/p>\n<p>Les auteurs n\u2019en sont pas rest\u00e9s aux ressemblances visuelles. Ils ont analys\u00e9 l\u2019\u00e9mail des dents des rongeurs et celles d\u2019humains atteints et constatent des analogies dans la composition de l\u2019\u00e9mail d\u00e9fectueux \u2013 avec une teneur plus faible en min\u00e9raux. Au microscope, les m\u00eames d\u00e9fauts de structure apparaissent dans un cas comme dans l\u2019autre. Les chercheurs ont, de plus, identifi\u00e9 le m\u00e9canisme d\u2019action du BPA : celui-ci influence l\u2019expression de deux g\u00e8nes impliqu\u00e9s dans la formation de l\u2019\u00e9mail.<\/p>\n<p>Ces travaux devront \u00eatre confirm\u00e9s par d\u2019autres \u00e9tudes testant plusieurs niveaux d\u2019exposition, sur des m\u00e2les et des femelles \u2013 une seule dose ayant \u00e9t\u00e9 test\u00e9e, uniquement sur des m\u00e2les. En l\u2019\u00e9tat, ces travaux ne permettent pas d\u2019attribuer au BPA (ou aux mol\u00e9cules ayant un mode d\u2019action comparable) l\u2019ensemble des MIH constat\u00e9s chez les jeunes enfants, mais ils sugg\u00e8rent que de larges franges de la population sont expos\u00e9es \u2013 principalement \u00e0 travers l\u2019alimentation \u2013 \u00e0 des doses bel et bien actives de BPA.<\/p>\n<p>Banni en 2011 des biberons, le BPA sera interdit en France dans tous les contenants alimentaires \u00e0 partir de 2015.<\/p>\n<p>http:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2013\/06\/11\/le-bisphenol-a-altererait-l-email-des-dents-des-enfants_3427711_3244.html<\/p>\n<p>More:<\/p>\n<p><a title=\"La formation des dents alt\u00e9r\u00e9e par le Bisph\u00e9nol A\" href=\"http:\/\/www.biodentiste.fr\/?p=538\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\" >La formation des dents alt\u00e9r\u00e9e par le Bisph\u00e9nol A<\/a><\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une &eacute;tude publi&eacute;e dans la revue American Journal of Pathology (Juin 2013) montre que la formation des dents peut &ecirc;tre affect&eacute;e par une exposition &agrave; de faibles doses de bisph&eacute;nol A (BPA) &ndash; une mol&eacute;cule omnipr&eacute;sente utilis&eacute;e dans les plastiques et les r&eacute;sines des bo&icirc;tes de conserve, qui impr&egrave;gne 95 % de la population. Surtout, ils sugg&egrave;rent qu&rsquo;une maladie &eacute;mergente &ndash; l&rsquo;hypomin&eacute;ralisation des molaires et des incisives (MIH) &ndash; pourrait &ecirc;tre due &agrave; une exposition au BPA dans la p&eacute;riode p&eacute;rinatale. Ce trouble nouveau n&rsquo;avait jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent jamais &eacute;t&eacute; fermement attribu&eacute;.<\/p>\n<p>&laquo; Le MIH est une pathologie r&eacute;cemment d&eacute;crite, caract&eacute;ris&eacute;e par des taches blanch&acirc;tres ou jaunes sur les premi&egrave;res molaires ou les incisives permanentes, explique Sylvie Babajko (Inserm), qui a dirig&eacute; ces travaux. Les &eacute;tudes &eacute;pid&eacute;miologiques men&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent donnent une grande amplitude de pr&eacute;valence, entre 2,5 % et 40 %, selon les r&eacute;gions du monde et\/ou les crit&egrave;res de diagnostic, mais on peut consid&eacute;rer qu&rsquo;en moyenne, cette pathologie concerne environ 16 % &agrave; 18 % des enfants. &raquo; Ce d&eacute;faut de min&eacute;ralisation est b&eacute;nin, mais il peut rendre les dents plus fragiles, en particulier plus susceptibles &agrave; la carie. Lorsqu&rsquo;il touche les incisives, il peut &ecirc;tre assez disgracieux.<\/p>\n<p><strong>R&Eacute;SULTATS SANS AMBIGU&Iuml;T&Eacute;<\/strong><\/p>\n<p>Pour les auteurs, le MIH pourrait ainsi &ecirc;tre le signe visible d&rsquo;une exposition au BPA &ndash; ou &agrave; des mol&eacute;cules pr&eacute;sentant un mode d&rsquo;action similaire &ndash; pendant les p&eacute;riodes-cl&eacute;s du d&eacute;veloppement. Or un grand nombre de travaux men&eacute;s sur l&rsquo;animal ou d&rsquo;&eacute;tudes de cohortes humaines montre que l&rsquo;exposition au BPA in utero ou aux plus jeunes &acirc;ges de la vie est associ&eacute;e &agrave; des probabilit&eacute;s accrues de d&eacute;velopper certaines pathologies, plus tard dans la vie : ob&eacute;sit&eacute; et diab&egrave;te de type 2, cancers hormono-d&eacute;pendants (sein, prostate), troubles de la reproduction, troubles neuro-comportementaux, etc. Ces recherches pourraient donc permettre un suivi plus attentif de certains enfants atteints de MIH.<\/p>\n<p>Les r&eacute;sultats pr&eacute;sent&eacute;s par les auteurs sont sans ambigu&iuml;t&eacute;. Deux groupes de seize rats m&acirc;les ont &eacute;t&eacute; &eacute;tudi&eacute;s. Le groupe t&eacute;moin n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; mis en contact avec du BPA. Le second groupe est issu de femelles ayant &eacute;t&eacute; expos&eacute;es par voie orale, d&egrave;s la conception, &agrave; une dose quotidienne de 5 microgrammes par jour et par kilo de poids (5 &micro;g\/j\/kg) de BPA, soit un niveau d&rsquo;exposition dix fois plus faible que la limite th&eacute;oriquement acceptable, calcul&eacute;e par l&rsquo;Autorit&eacute; europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; des aliments (EFSA). Ensuite, apr&egrave;s leur naissance, d&egrave;s leur sevrage, les rats ont &eacute;t&eacute; eux-m&ecirc;mes soumis &agrave; ce r&eacute;gime.<\/p>\n<p>&laquo; Un tel protocole mime au plus pr&egrave;s la situation rencontr&eacute;e dans la population humaine, puisque l&rsquo;exposition au BPA est quasi permanente &raquo;, dit Mme Babajko. R&eacute;sultat : les trois quarts des rats expos&eacute;s pr&eacute;sentent des taches opaques sur les incisives, analogues au fameux MIH, remarqu&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es chez les enfants. A l&rsquo;inverse, aucun rat t&eacute;moin n&rsquo;a d&eacute;velopp&eacute; l&rsquo;anomalie.<\/p>\n<p>Les auteurs n&rsquo;en sont pas rest&eacute;s aux ressemblances visuelles. Ils ont analys&eacute; l&rsquo;&eacute;mail des dents des rongeurs et celles d&rsquo;humains atteints et constatent des analogies dans la composition de l&rsquo;&eacute;mail d&eacute;fectueux &ndash; avec une teneur plus faible en min&eacute;raux. Au microscope, les m&ecirc;mes d&eacute;fauts de structure apparaissent dans un cas comme dans l&rsquo;autre. Les chercheurs ont, de plus, identifi&eacute; le m&eacute;canisme d&rsquo;action du BPA : celui-ci influence l&rsquo;expression de deux g&egrave;nes impliqu&eacute;s dans la formation de l&rsquo;&eacute;mail.<\/p>\n<p>Ces travaux devront &ecirc;tre confirm&eacute;s par d&rsquo;autres &eacute;tudes testant plusieurs niveaux d&rsquo;exposition, sur des m&acirc;les et des femelles &ndash; une seule dose ayant &eacute;t&eacute; test&eacute;e, uniquement sur des m&acirc;les. En l&rsquo;&eacute;tat, ces travaux ne permettent pas d&rsquo;attribuer au BPA (ou aux mol&eacute;cules ayant un mode d&rsquo;action comparable) l&rsquo;ensemble des MIH constat&eacute;s chez les jeunes enfants, mais ils sugg&egrave;rent que de larges franges de la population sont expos&eacute;es &ndash; principalement &agrave; travers l&rsquo;alimentation &ndash; &agrave; des doses bel et bien actives de BPA.<\/p>\n<p>Banni en 2011 des biberons, le BPA sera interdit en France dans tous les contenants alimentaires &agrave; partir de 2015.<\/p>\n<p>http:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2013\/06\/11\/le-bisphenol-a-altererait-l-email-des-dents-des-enfants_3427711_3244.html<\/p>\n<p><!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on get_the_excerpt --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on get_the_excerpt --><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2146,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[93],"tags":[88],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/417"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=417"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/417\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2145,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/417\/revisions\/2145"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=417"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=417"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.synergiedentaire.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=417"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}